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L’idiot de Troyes, et autres cas « remarquables » de nécrophilie fin du 19e siècle.

Dans son ouvrage publié en 1888 et intitulé « La folie érotique », le docteur Ball relate trois cas de .

L’idiot de Troye

En 1857, le docteur Baillarger fait rapport devant l’Académie nationale de médecine de ce qu’il nomme « Cas remarque de maladie mentale – Observation recueillie au dépôt provisoire des aliénés de l’Hôtel-Dieu de Troyes, par le docteur Bédor, membre correspondant de l’Académie à Troyes » et dont voici le texte :

« Le sieur X. âgé de vingt-sept ans, d’un tempérament lymphatique mais doué néanmoins d’une très grande force musculaire, a présenté, dès ses premières années, des signes non douteux d’idiotie. A mesure qu’il avançait en âge l’absence d’intelligence devenait de plus en plus manifeste. X. ne put jamais apprendre à lire; il était d’ailleurs violent, indocile, plein de bizarrerie. Élevé par les soins de l’administration de l’hospice de Troyes il fut successivement placé chez plusieurs paysans mais aucun d’eux ne put le garder. On le ramenait à l’hospice, déclarant ne rien pouvoir obtenir de lui.

Plus tard, X. devient sujet à des accès de manie périodique. Presque tous les mois il était, pendant plusieurs jours, d’une violence extrême, injuriant les personnes qui l’entouraient, proférant des menaces de mort et d’incendie. Il fallait alors quelquefois le renfermer dans une cellule, et même, dans quelques cas, le maintenir fixé par la camisole de force. De temps en temps il quittait furtivement l’hospice et, après avoir erré plusieurs jours dans la campagne, il revenait exténué de fatigue, les vêtements en lambeaux et couvert de boue. Cependant, dans les intervalles de ses accès, X. pouvait se livrer aux plus rudes travaux il était infatigable et faisait à lui seul l’ouvrage de plusieurs hommes. Aussi, malgré son état d’imbécillité, trouvait-on de temps en temps des cultivateurs qui consentaient à le prendre.

Cependant, un premier fait d’une extrême gravité vint mettre fin à ces essais de liberté. X. se trouvait alors chez un cultivateur du bourg d’Eslissac, lorsque, en présence de cinq ou six personnes il commit une tentative de viol sur une paysanne. On fut forcé de le réintégrer à l’hospice de Troyes, où bientôt se passèrent les actes monstrueux qui me restent à raconter.

X. trompant la surveillance, s’introduisait dans la salle des morts, quand il savait que le corps d’une femme venait d’y être déposé et il se livrait aux plus indignes profanations.

Il se vanta publiquement de ces faits, dont il ne paraissait point comprendre la gravité. D’abord on ne put y croire; mais, appelé devant le directeur, X raconta ce qui se passait, de manière à lever tous les doutes.

On prit dès ce moment des mesures pour mettre cet homme dans l’impossibilité de renouveler les profanations qu’on venait de découvrir mais cet idiot, si privé d’intelligence pour toutes choses, déploya dans ce cas un instinct de ruse qui le fit triompher de tous les obstacles. Il avait dérobé une clef qui ouvrait la salle des morts et les profanations de cadavres purent ainsi continuer pendant longtemps.

Il fallut enfin reconnaître l’inutilité des mesures employées jusque-là pour prévenir le retour d’actes si odieux, et X. fut envoyé à l’asile des aliénés de Saint-Dizier.

Tel est, messieurs, le fait que M. Bédor a cru devoir signaler à l’Académie. »

 

 

Mais comme le dit le docteur Ball :

« (…) il faut franchir un pas de plus, arriver à ceux qui, pour satisfaire leurs passions, vont jusqu’à déterrer les morts et briser leurs cercueils » :

Le sergent Bertrand

« En 1848, on constata à plusieurs reprises au cimetière Montparnasse que les tombes récemment creusées avaient été profanées. Malgré les précautions qui furent immédiatement prises, ces attentats se renouvelèrent plusieurs fois de suite.

Ce ne fut qu’après un temps assez long qu’on parvint à surprendre le coupable. C’était un sergent, nommé Bertrand, en garnison à Paris, dont la conduite paraissait irréprochable et qui avait d’excellentes notes au régiment.

Cet homme, dont la généalogie démontrait nettement qu’il était héréditaire, avait tous les quinze jours environ des maux de tête extrêmement violents qui précédaient les crises dans lesquelles se manifestaient ces désirs morbides. Il escaladait alors avec une grande agilité les murs du cimetière et déterrait les femmes récemment ensevelies, pour satisfaire sa passion. Traduit en conseil de guerre, il fut condamné à un an de prison.

On voulut ainsi donner une satisfaction à l’opinion publique en évitant de prononcer l’acquittement, et rendre hommage à l’expertise faite par les aliénistes, qui avaient reconnu que Bertrand était atteint de folie. »

 

Brau, le gardien de Saint-Ouen

On peut rapprocher de ce fait les profanations récemment accomplies au cimetière de Saint-Ouen par un gardien, Brau, qui allait jusqu’à déterrer des femmes mortes de la variole pour violer leurs cadavres. Cet homme était marié, et sa femme a pu témoigner de la brutalité de ses habitudes.

Une perversion aussi monstrueuse de l’appétit sexuel ne peut exister que chez des fous, et les nécrophiles sont certainement des aliénés.

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